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06 février 2008

Sinique

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L'autre jour j'étais attablé au restaurant "japonais" et je regardais les Chinois s'affairer. C'est dingue ce qu'ils sont bien organisés. Chacun répond à une fonction bien établie : les deux larbins de l'ombre en cuisine — dont on n'aperçoit par la lucarne de la porte que les tabliers souillés – "cuisinent" ; le préposé-aux-sushis, à droite de la caisse, découpe des piécettes de poisson "frais" ; les deux serveuses servent ; enfin, le caissier, lui, tient la caisse. Lorsque ce dernier est amené à s'absenter pour procéder à une livraison au moyen de son cyclomoteur – Houellebecq écrit, je crois, que le Chinois devient la Mercedes qu'il possède – , il est aussitôt suppléé par l'une des serveuses (tandis que sa consœur redoublera d'efforts pour assurer un double service, toujours avec cet égal sourire d'accordéoniste).
 
Le préposé-aux-sushis – qui ne sait d'ailleurs pas sectionner le poisson – ne fait que des "sushis" et des "sashimis". Celui-ci a une curieuse façon se se tenir : cambré, jambes écartées parfois, le buste incliné à 30° au dessus du plan de travail, un peu comme s'il s'apprêtait à se faire socratiser – par un individu de couleur, bien entendu. En fait, il y a deux raisons pour expliquer cette posture. D'abord, son plan de travail est trop bas : seul un Chinois peut supporter de travailler comme cela, à 120°, pendant des heures. C'est précisément là qu'intervient la deuxième raison : le bassin des Chinois étant généralement plus bas que celui des "Caucasiens", le buste du préposé-aux-sushis paraît de ce fait démesurément grand (d'où la curieuse impression). Et il l'est effectivement, démesurément grand ! Alors qu'un Européen moyen s'y casserait le dos (il ne tiendrait pas à moins de 60°), le centre de gravité plus bas du Chinois l'autorise à défier les lois de l'ergonomie. Ajoutons à cela une parfaite aptitude culturelle diasporique au labeur.

Remarquons que les deux fricasseurs de la cuisine ne sont pas de souche indo/pakistano/cingalaise (ou autres caffres), mais bien des Chinois (j'ai vérifié). Contrairement aux restaurateurs indigènes, il semblerait que ceux-ci ne pratiquent que peu la sous-traitance ethnique. Ils ont en quelque sorte l'exploitation endogame.

Efficacité donc, science du service : chaque geste est étudié, chaque trajectoire pensée. Je remarque qu'il y a chez ces Chinois une forme de suspension provisoire de l'intérêt particulier au profit du collectif qui, au final sert l'individu. Génie, cohésion et de ce fait, supériorité des Chinois. Donner le moins pour gagner le plus. Tiens, allez, une dernière "pensée" : quand le Chinois te reçoit, tu as l'impression qu'il se couperait une main pour toi ; quand tu repars, tu comprends que c'est à toi qu'il manque un bras.

L'autre jour, je fais remarquer au caissier le goût bizarre du thon rouge (l'espèce très menacée – mais pourquoi aller à rebours de l'inéluctable perte de l'humanité par la destruction de son environnement ?). Il me répond exactement ceci : « Ça dépend de la fraîcheur de l'arrivage. » J'ai failli avoir une érection, à tout le moins, un helicobacter pylori
 
En parlant d'érection, chose remarquable, l'une des hôtesses (aux traits japanesques), possède un troublant visage de poupée, bien blanc comme ses dents. N'étaient ses jambes arquées, c'est une pure beauté. Elle m'adresse souvent de beaux sourires gracieux que j'aimerais prendre pour moi, mais je crains hélas que ce soit pour mes « chèque déjeuner » à 9 €.

Commentaires

Tes tickets restau sont à 9 euros ! Les miens viennent tout juste de passer à 8... Mais les serveuses me sourient quand même : ça doit être mon charme.

Ecrit par : Hugues | 06 février 2008

C'est que les « longues marches », ça conserve…

Ecrit par : sk†ns | 06 février 2008

Dans le 13e (à l'époque où je fréquentais assidument les "vietnamiens" de cet arrondissement), les plongeurs et sorteurs de poubelles étaient très souvent indo-pakistanais.

Ecrit par : Didier Goux | 02 mars 2008

Oui, quand j'étais gosse (c'est-à-dire, il n'y a pas si longtemps), on allait au encore au "vietnamien".

Ecrit par : sk†ns | 02 mars 2008

Tiens, voilà vingt japonaises : http://www.geekzone.fr/blog/?2008/04/18/1645-apres-tout-le-vendredi

Ecrit par : Zette | 18 avril 2008

Quel grand peuple !
Dans un registre proche, quoique éloigné (veiller aussi à éloigner les enfants) :
http://www.pornhub.com/view_video.php?viewkey=b90d1ebcdaf4e9439ed7

Ecrit par : sk†ns | 19 avril 2008

Ah, c'est de ça que devait parler l'un des commentaires chez Caféine (voilà qui conforte ma conviction que l'acte sexuel est d'un ridicule achevé dès qu'on est spectateur et non acteur (un peu comme tous les sports, finalement)).

Ecrit par : Zette | 19 avril 2008

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